Le monde de Kaarllyhnns

La Vérandah

…Sous les treillis d'argent de la vérandah close,
Dans l'air tiède, embaumé de l'odeur des jasmins,
Où la splendeur du jour darde une flèche rose,
La Persane royale, immobile, repose,

Derrière son col brun croisant ses belles mains,

Dans l'air tiède , embaumé de l'odeur des jasmins,
Sous les treillis d'argent de la vérandah close.

 

Jusqu'aux lèvres que l'ambre arrondi baise encore,
Du cristal d'où s'échappe une vapeur subtile
Qui monte en tourbillons légers et prend l'essor
Sur les coussins de soie écarlate, aux fleurs d'or,
La branche du hûka rode comme un reptile
Du cristal d'où s'échappe une vapeur subtile
Jusqu'aux lèvres que l'ambre arrondi baise encore.

 

Deux rayons noirs chargés, chargés d'une muette ivresse,
Sortent de ses longs yeux entrouverts à demi;
Un songe l'enveloppe, un souffle la caresse :
Et parce que l'effluve invincible l'oppresse,
Parce que son beau sein qui se gonfle a frémi,
Sortent de ses longs yeux entr'ouverts à demi
Deux rayons noirs, chargés d'une muette ivresse.

 

Et l'eau vive s'endort dans les porphyres roux,
Les rosiers de l'Iran ont cessé leurs murmures,
Et les ramiers rêveurs leurs roucoulements doux.


Tout se tait .

 

L'oiseau grêle et le frelon jaloux
Ne se querellent plus autour des figues mûres.
Les rosiers de l'Iran ont cessé leurs murmures
Et l'eau vive s'endort dans les porphyres roux.

 

LECONTE DE LISLE (1818-1894)



15/07/2010
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