Le monde de Kaarllyhnns

Le sadisme

Le sadisme

Le sadisme fut essentiellement rattaché par Freud à l'activité sexuelle à proprement parler. Mais l'emploi désigna déjà chez lui la volonté d'infliger de la souffrance au-delà de la sexologie. Par la suite, d'autres auteurs retiendront cette compréhension du sadisme hors activité sexuelle. Le sadisme se comprend alors comme manifestation d'une pulsion de mort, mêlée à une pulsion sexuelle (voir par exemple Clara, l'héroïne du roman d'Octave Mirbeau, Le Jardin des supplices), mais renvoyant à la sexualité psychique plus qu'à un acte à proprement parler.

Le concept renvoie à d'autres points, comme le fantasme de scène primitive. La scène originaire est la perception par l'enfant, ou le fantasme, de voir l'activité sexuelle des parents. Ce rapport sexuel parental sera souvent perçu comme un acte sadique de la part du père. Le sadisme renvoie à cette scène originaire, hautement débattue et organisant largement la vie fantasmatique.

En psychanalyse, le sadisme est une perversion, et la défense contre le sadisme est commune dans la névrose, en particulier dans la névrose obsessionnelle, qui représente une défense contre le sadisme-anal, basé sur le fantasme de contrôler les excréments.

 

Le terme a été créé par Richard von Krafft-Ebing à partir du nom du philosophe du XVIIIe siècle, Sade, dont les écrits servent à démontrer le crime. Son œuvre est essentiellement philosophique, politique, anticléricale et démonstrative. Il se sert des sévices sexuels fantasmés, écrits, par provocation et aussi parce que du fond de sa prison, il ne lui reste qu'une sexualité virtuelle, il est à la fois Justine : « [...] ce que peut bien éprouver notre héroïne. De vrai est difficile à dire. Et Sade le sait trop parce que Justine c'est lui. »[1] Sade s'incarne aussi dans Juliette. Voilà une des raisons qui font que le sadisme ne peut être assimilé comme le contraire ou le complément du masochisme.

Le sadisme lié au masochisme c'est ce que Gilles Deleuze conteste dans sa présentation de Leopold von Sacher-Masoch. Il démontre que le masochisme n'est ni contraire ni le complément du sadisme, mais un monde à part, avec d'autres techniques et d'autres effets. Les actes sadiques, telles que la torture, sont émis sans le consentement de l'autre, tandis que le masochisme relève de pratiques entre adultes consentants.

 



07/05/2010
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