Le monde de Kaarllyhnns

Le sadomasochisme

SADOMASOCHISME

Bien que d'anciens livres comme le Kâma-Sûtra citent les morsures et les griffures comme moyens de parvenir à l'extase, les "cultures" judéo-chrétiennes considèrent l'utilisation de la douleur comme une pratique à part et, généralement, comme une pratique perverse. La psychiatrie porte le même regard sur cette pratique : Freud le conceptualise comme le «désir de faire souffrir l'objet sexuel, ou le sentiment opposé, le désir de se faire souffrir soi-même[1]»

Le terme est un mot-valise formé de sadisme et de masochisme. Le premier nom s'applique à celui qui doit faire souffrir physiquement ou psychologiquement l'objet de son désir pour parvenir au plaisir, le second désigne celui qui recherche cette douleur et la domination qui l'accompagne pour atteindre le même effet. Sadisme est un dérivé du nom du philosophe des Lumières, Sade, auteur dont les récits mettent en scène des relations sexuelles fondées sur la souffrance et l'humiliation imposées à un tiers, tandis que masochisme provient du nom de Sacher-Masoch, écrivain autrichien qui propose des contrats dans le but d'être humilié, et, ou de subir des sévices plus durs. Dans ce but il met en scène son programme masochiste dans son roman La Vénus à la fourrure (masochisme de Leopold von Sacher-Masoch). Par la suite il ne cessera de manipuler ses compagnes et plus précisément Wanda son épouse pour qu'elles incarnent le rôle de la Vénus. Notons. Gilles Deleuze[2], démontre que l'association par Freud des deux termes, sadique et masochiste, est un « un monstre sémiologique » dans le sens où le sadique, celui qui fait souffrir dans l’œuvre de Sade, n'est pas une personne qui pourrait faire partie de l'univers mental du masochiste chez Sacher-Masoch. En effet, le sadique (chez Sade) se complaît dans la souffrance de l'autre à condition qu'elle ne soit pas consensuelle, alors que le masochiste (de Sacher-Masoch) aime à régler, dans des contrats consensuels, les modalités diverses de sa «soumission».

Donc l'expression « sadomasochisme » lie le masochisme au sadisme, que Gilles Deleuze nie dans sa présentation de Sacher Masoch.

Il écrit : « Sado-masochisme est un de ces noms mal fabriqués, monstre sémiologique »[3], et il considère que le sadisme et le masochisme ne sont ni d'absolus contraires, ni d'une absolue complémentarité. Sade, démontrant un univers criminel, donc non contractuel tandis que Sacher Masoch, lui, est dans le contrat.

Il faut cependant nuancer ces étymologies : dans La Vénus à la fourrure, le plaisir que prend le narrateur à devenir l'esclave d'une femme et de l'amant de celle-ci est tout relatif. Il faut donc être prudent avec l'analogie entre l'histoire romanesque et la pensée moderne du sadomasochisme. De même, le sadisme décrit dans les œuvres de Sade ne saurait être réduit à une seule pratique sexuelle et n'a que peu à voir avec la représentation moderne que l'on s'en fait. Il représente, de manière plus générale, une confrontation philosophique entre la pensée de l'homme bon par nature et l'homme mauvais qui doit brider ses passions. Le sadomasochisme de Sade formule une vision du monde par l'image sexuelle qui est en réalité une confrontation morale de valeurs et de systèmes.

L'utilisation du terme sadique dans le cadre du sadomasochisme implique une relation de domination codifiée. Elle implique un jeu de règles établies entre les partenaires, qui fixe des limites dans les actes posés. Le terme sadique représente ainsi plus une personne dominante que réellement sadique. Une relation entre un sadique véritable et un masochiste est très rare dans le cadre d'un consentement libre et éclairé. Une telle relation n'a normalement lieu que dans le contexte d'une relation de dépendance affective vécue par la personne soumise dans le cadre de problèmes psychologiques cliniques. Voir DSM-IV.

Une illustration humoristique de la rencontre impossible entre un sadique véritable (donc non consensuel et un masochiste (recherchant un dominant avec qui des limites au jeu sont posées) est la fameuse blague suivante : un sadique et un masochiste se rencontrent. Le masochiste demande au sadique : « Fais­ moi mal ! » le sadique répond, avec un sourire (sadique) : « Non ! »



07/05/2010
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