Le monde de Kaarllyhnns

Amoureuse

 

 « Il vit la pauvre figure rubescente, les larmes qui coulaient lentement en ruisseaux irises, le long des joues enflammées. Il n'osa gifler davantage.


-Levez-vous,ordonna-t-il.


Elle obéit aussitôt, sans un murmure, sans une récrimination, prête à tout supporter.
Il l'obligea à se tourner et posément retroussa les jupes, dégageant le pantalon.
Doucement, il écarta les pans froissés de la petite culotte et releva la chemise.
La croupe lui apparut toute striée de bleu. De la main il la palpa et se rendit compte de la sensibilité encore vive de l'épiderme. Évidemment, une flagellation ce jour-là était impossible.
Durant cet examen minutieux, Simone frissonnait de honte et de peur. Elle sentait la main de l'homme courir sur sa chair, ses doigts frôler sans hésitation son être intime. Et puis, inquiète, elle se demandait s'il se résoudrait à la corriger, malgré son état lamentable.
Il laissa retomber les jupes et réfléchit.
 Allez vous mettre à genoux dans le coin, là-bas, ordonna-t-il, je vais voir comment je peux vous punir aujourd'hui.
Elle s'éloigna à petits pas et s'agenouilla docilement à l'endroit qu'il lui avait indiqué. Placée de côté, elle le voyait encore et cela, pour elle, était déjà une joie. Tendrement, elle le regarda et à travers ses larmes lui souriait sans rancune, reconnaissante qu'il ne la chassait point.
Paisiblement, il alluma une cigarette et ne parut plus s'occuper de la patiente. En réalité, cette venue, qu'instinctivement il espérait, l'ennuyait. Il ne voulait laisser repartir la coupable sans la châtier cruellement, dans le but de la détourner de ses intentions de séduction. Mais il n'osait flageller encore la croupe meurtrie, craignant des blessures longues et difficiles à guérir. »

(Maurice de Vindas, Le rêve d'un flagellant).



07/05/2010
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